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magazine La France Agricole
Magazine tourné vers les professionnels de l’agriculture. Il présente l’actualité du monde agricole, des sujets relatifs à l’élevage et la culture, ainsi que des nouveautés.

Magazine la France Agricole

Votre magazine du monde agricole : La France Agricole
Retrouvez chaque semaine votre magazine La France Agricole. Votre revue La France Agricole vous propose de suivre l’actualité régionale et nationale de l’agriculture. Une lecture indispensable pour tous ceux qui se destinent à l’exploitation agricole !!

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La vitalité des circuits courts

La crise provoquée par Escherichia colirévèle à quel point les habitudes sont en train de changer. La consommation de graines bio germées épouse des croyances sur les vertus supposées d'une alimentation vivante. Avec plus de quarante-cinq décès, chacun appréciera! Au-delà du drame, l'impact de cette grave crise sanitaire risque d'être limité: parce que les médias sont restés discrets sur l'origine bio de l'intoxication, parce que les certitudes sont difficiles à ébranler et surtout parce qu'après la vague médiatique l'oubli fera vite son oeuvre. Ce mouvement en direction de «l'agriculture locale, de proximité, de rapports directs, de circuits courts» est très bien décrit dans l'ouvrage Une agriculture qui goûte autrement (1). Les auteurs font avec enthousiasme et rigueur le tour de la question. Au Japon, aux Etats-Unis, en Europe, les initiatives pour consommer et produire autrement foisonnent. La défense de l'environnement et les crises alimentaires-listeria, vache folle, mélamine en Chine, allergies...-ont servi de catalyseur. Aux Etats-Unis, l'épidémie d'obésité conduit à accuser «le système agro-industriel ». Les réponses, imaginées dans un premier temps par des résistants, ne sont pas toujours
LaFranceAgricole
8, cité Paradis, 75493 Parts cedex 10. Tel: 01 49227900 Pour joindre directement vos correspondants, composez le 01 40 22 puis les quatre chiffres qui suivent (' I Par des agriculteurs, pour les agriculteurs Thierry VERRET, directeur de la publication.
REDACTION Fax (1 70 80 ernall de la rédaction: redaction@lafranceagriceleir Michel COLLONGE, directeur des rédactions, éditeur délégué (1 79 04 Eric MAERTEN, rédacteur en chef (1 79 04 Yvon HERRY, rédacteur en chef (Internet et newsletter) (1 79 04 Philippe PAVARD, rédacteur en chef adjoint (") 79 04 Internet et newsletter (') 79 04: Yvon HERRY, éditeur délégué-rédacteur en chef; Philippe CHANVILLARD chef de service, Bruno VITASSE et les journalistes de La France Agricole; Marine GRAMAT; Stéphane MAILLARD, premier secrétaire de rédaction; Jean-Baptiste DUMOULIN, Gaélle MATHIEU webmasters. Productions végétales (*) 70 08: Isabelle ESCOFFIER, chef de service; Florence MELIX, Marie LE BOURGEOIS, Céline FRICOTTE, Alexis DUFUMIER.
Productions animales (*) 79 114: Eric ROUSSEL, chef de service; Elsa CASALEGNO, Marie-France MALTERRE, Carole HIET. Machinisme ("1 79 04: Corinne LE GALL, chef de service; Rémy SERAI, Nicolas LEVILLAIN, Sébastien CHOPIN, Henri ETIGNARD. Agriculture et institutions (1 70 08: Aurore COEURU, chef de service; Arielle DELEST, Sophie BERGOT, Bérengêre LAFEUILLE, Alain CARDINAUX. Agriculture et société (1 79 04: Jean-Alix JODIER, chef de service; Marie-Gabrielle MIOSSEC, Catherine YVERNEAU.
MON Fax (*) 70 80 Secrétariat de rédaction: Yves DELAUW, rédacteur en chef édition Gérard VADROT, rédacteur en chef technique Corinne VERNAT, première secrétaire de rédaction; Iréna RODET "Emilie-Anne JODIER et Jean-Louis VEZO, secrétaires de rédaction. Infographie. Photos: Frédéric LECLANCHER, rédacteur en chef graphiste; Claudine CHANEL, Gabriel de DIEULEVEULT, Pascal CRAPON, Jean-Claude GRELIER.
L'éditorial
PUBLICITE Tél: (1 70 20. Fax: 01 48 24 17 61 Luc FAURE, directeur commercial; Annie BOUCHARDPASSIN, directrice commerciale adjointe; Philippe BARBEROT, adjoint au directeur commercial; Catherine DUMONTET, Lucie FOSCOSO, Christine BIAS, directrices de clientèle; Anne LECA,
Aux Etats-Unis, manger est parfois devenu un geste agricole et citoyen. Des pays d'Europe, comme l'Allemagne ou l'Italie, ne sont pas en reste. Pourquoi pas en France?
rationnelles : production au coeur des villes, agriculture biologique, terroir, produits fermiers... Autour se greffent des actions militantes comme les Amap (Associations pour le maintien d'une agriculture paysanne), principe d'origine japonaise, ou le slow-food, né en Italie par opposition au fast-food.
En France, le mouvement reste moins brutal qu'en Amérique du Nord. Nous avons nos longues traditions de la table et du terroir. Nous n'avons pas toujours le sens des affaires et du marketing pour surfer sur les modes. Nos lourdeurs, notre vision cartésienne et les connotations idéologiques freinent les ardeurs. Une pincée de lune ou de soleil, quelques gouttes d'énergie du cosmos, la magie des étoiles, le mystère du vivant, l'émerveillement du goût font craquer les consommateurs. Pourquoi ne pas en profiter? Cette agriculture ne se substituera pas à l'autre. Mais elle peut changer bien des choses. Le secrétaire américain à l'Agriculture se fixait récemment comme objectif d'augmenter de 100 000 le nombre d'agriculteurs. Une part de sa recette miracle tient à la revitalisation des systèmes alimentaires locaux.?
(1) Ecrit par Hélène Raymond et Jacques Mathé, aux éditions Campagne & compagnie, 25, rue Ginoux, 75015 Paris.
directrice du développement; Marie-Laure PINCHON, Aurélie PREVOSTEAU, Stéphane BOITTIN, Vincent BUSNEL, chefs de publicité; Assistante: Patricia WOEHRLIN (' j 70 20. Etudes et marketing: Anne-Pierre HANRIOT. Administration des ventes: Anne SEGARRA. Exécution: Isabelle CHABROL.
PETITES ANNONCES ET ANNONCES CLASSEES Tél: (*) 79 38. Fax: 01 42 46 47 22 Annie BOUCHARD-PASSIN, chef de service, Jocelyne CAUCHOIX.
DIFFUSION Tél: (1 79 33 Jean-Louis DAUPHIN, directeur assisté de Annabelle COUPEZ. Promotion: Nathalie DE CLOSETS. Abonnements. Tél. 01 45 78 33 80, Fax: 01 45 78 33 07 Christiane MARTINEAU, adjointe au directeur; Sylvie LAURENT, chef de service. Tarif abonnement France: 124, 90 euros pour un an (50 numéros dont 3 numéros «Spécial machinisme »). Vente au numéro et réassorts: Destination Média, Didier Devillers, Tél.: 01 56 82 12 06.
FABRICATION Tél: (179 72 Vincent TROPAMER.
COMPTABILITE Nicole BOGLIARI, chef de service; Marie-Christine GLAUNEC, comptabilité-clients.
SERVICES GENERAUX Anne-Marie de LUZY.
LA FRANCE AGRICOLE 3392-3-0111JILLET 2011
Michel Collonge, MI / directeur des rédactions


Toutes reproductions interdites sans l'accord de La France Agricole ou du Centre français d'exploitation du droit de copie, 20 rue des Grands Augustins, 75006 Paris. Tirage et diffusion contrôlés par l'OJD. Membre d'Eurofarm, club européen des journaux agricoles leaders. La France Agricole est éditée par :
GROUPE FRANCE AGRICOLE
Président-directeur général : Thierry VERREZ Directeur général délégué : Gérard JULIEN Directeur administratif et financier : Caroline CHAMPENOIS Assistante Direction générale : Brigitte GUTH
S.A. Groupe France Agricole : 8, cité Paradis 75493 Paris cedex 10. Société anonyme au capital de 10 006 540 euros, durée 99 ans à compter de 2004. RCS Paris 479 989188. Principal associé : Fermer Développement. Dépôt légal : é parution. Imprimeries Roto France, Lognes (77). N? enregistrement à la Commission paritaire des publications et agences de presse 0714 T 85217. ISSN 0046-4899.
Directeur de la publication, responsable de la rédaction: Thierry VERRET. rrage: 161 000.

PRESSE PAYAIRE
2008
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EUROFFIRM

O Prix et volumes : le grand milk-shake
I Li des coops laitières
26
Des sols plus fertiles avec te semis direct
L "4
e 16.-1
Des brunes pour le retour du lait en montagne
6 Vous nous écrivez 8 Météo 9 A l'affût
10 / A LA UNE
Prix et volumes: le grand milk-shake des coops laitières Le 1 "juillet, les coopératives devaient être en règle avec le décret contractualisation. Une opportunité pour certaines d'introduire le système double quota-double prix.
12 L'actu de la semaine 12 Le transport de paille pas encore sur les
rails 13 Récoltes : un peu mieux que prévu 14 Le dessous des cartes. Tarifs du biogaz :
quelques écueils dans la nouvelle donne 14 11 000 visiteurs pour les Culturales 2011 14 Selon les semenciers, «la disponibilité
sera assurée 16 G20 : la faim ne justifie pas forcément
les moyens 16 La filière porcine française «à la
recherche de la compétitivité perdue » 18 Parlement : les eurodéputés confirment
leur attachement à la Pac 19 En coulisses à Bruxelles. Rabais britannique contre Pac? Chiche
20 Le tour des régions 20 Midi-Pyrénées. Les nouvelles promesses
du chanvre 21 Centre. Photovoltaïque et miscanthus 22 Bretagne. Directive nitrates : le projet
contre-productif 23 Aquitaine. Un arbitrage défavorable
pour la ferme solaire 24 Bourgogne. De plus en plus d'obstacles routiers pour les moissonneuses
25 L'agenda professionnel
Sommaire
26 / STRATEGIE
Des sols plus fertiles avec le semis direct Le taux de matière organique des parcelles de Philippe Lion, à Paulmy, en Indre-et-Loire, est en constante augmentation grâce à son implication en agriculture durable.
29 Cultures 29 Cent fois plus de bioproduits en 2030 29 La vernalisation fait monter la betterave
30 Elevage 30 «J'économise 21 tonnes d'aliment
par bande de 225 porcs » 31 Concours national montbéliard 2011. Puissance, taille et solidité à l'honneur
32 Machinisme Bien régler la moissonneuse-batteuse
34 Nouveautés John Deere lance les 6R et 7R
36 Entreprises Géosys prévoit une croissance à deux chiffres
37 / DOSSIER
Tarissement des vaches laitières. Préparer la future lactation Le tarissement constitue un facteur clé dans la gestion technico-économique de l'élevage laitier: la carrière de la vache dépend en effet de sa durée, de sa bonne conduite alimentaire et sanitaire, ainsi que de la préparation au vêlage.
LA FRANCE AGRICOLE 3392-5-01 JUILLET 2011

48 / CHEZ VOUS
Des brunes pour le retour du lait en montagne Yves Sola avait opté pour l'élevage allaitant. Sa femme l'a rejoint en créant un atelier laitier.
43 Marché des affaires
50 Gestion 50 Sécheresse : à quoi engage un contrat
de livraison avant la récolte 51 Bloc-notes
64 Petites annonces

7411 chante avec le coeur 75 Autour d'un plat. Minipizzas sucrées aux fruits 76 Un livre témoignage. Femmes et agricultrices 77Jusqu'à la frontière belge. Voie verte Trans-Ardennes
78 La tête ailleurs
Montgolfières sans frontières

52 Droit 52 Vos questions 53 La chronique de J. Lachaud.
L'apport du bail constituait une cession prohibée
54 Cours & marchés 54 «Il faut maintenir les marchés à l'export
des blés meuniers » 55 La filière cunicole cherche à rebondir
Un encart sélectif «Prospection » broché dans la revue. Un encart sélectif «Feuillet de bienvenue » déposé sur la 4' de couverture. Un encart sélectif «Message prospection A3P4H / 11 » déposé sur la 4' de couverture.



Vous nous écrivez
Inventer une nouvelle chaîne de solidarité » PASCAL COSTE (CORRÈZE) Le spectre de 1976 et son impôt sécheresse a ressurgi comme pour mieux jouer avec les peurs des uns et des autres. A cela nous pouvons opposer une nouvelle chaîne de solidarité du consommateur au producteur qui mobilise l'ensemble des filières. Ces crises doivent aider à préfigurer un nouveau modèle économique de sécurité alimentaire où le commerce équitable pourrait redonner confiance aux consommateurs et aux producteurs. Cette chaîne de solidarité passe par la mobilisation du consommateur. Les achats sont des emplois, du revenu, du pouvoir d'achat : l'achat citoyen ou la préférence de consommation en produit français carné aide à faire face à la décapitalisation des cheptels. Cette chaîne de solidarité passe par la grande distribution qui doit mettre en avant ces produits et réduire ses marges de 30 0 pendant cette période de sécheresse, soit pour soutenir les revenus des producteurs, soit pour doper la consommation. Cette chaîne de solidarité passe par les filières de transformation avec leurs représentants souvent incantatoires dans les réunions interprofessionnelles et qui doivent sans délais pratiquer l'achat citoyen et cesser les importations en cette période de décapitalisation et de chute des marchés. Cette chaîne de solidarité passe par les paysans français. Mobilisation des volumes de paille et fourrage nécessaires pour nourrir le cheptel, notamment par le non-broyage et le chargement des camions. Mobilisation, en période de petite récolte céréalière, d'un volume conséquent de matière première comme les céréales et les protéagineux pour produire un aliment sécheresse de qualité, en quantité et contractualisé pour maintenir un prix décent. Cette chaîne de solidarité passe également par l'ensemble des organisations professionnelles agricoles au premier rang desquelles le syndicalisme, volontariste, mais qui se démène dans une jungle avec peu d'armes et abreuvé de promesses plus inefficaces les unes que les autres tels que des reports de charges en fin d'année, de nouveaux emprunts, des exonérations de taxe foncière qui arrivent dans la poche des bailleurs, de la paille transportée par voie ferroviaire et déchargée en ville loin des fermes et non dans des gares rurales abandonnées... Les chambres d'agriculture, banques, assurances, coopératives, etc. doivent rapidement mobiliser des fonds puisés dans leurs réserves pour créer un fonds d'indemnisation des victimes de la sécheresse 2011. Ce fonds pourrait être abondé par les paysans eux-mêmes par une participation symbolique par hectare de SAU, ainsi que par l'ensemble des collectivités locales et par l'Etat. Cela éviterait un saupoudrage récurrent et de financer l'achat de semences, de
fourrages, d'aliment sécheresse... Maintenant, aux actes citoyens !
ciledDe Socibeire P4Als GleWRicutreige
LA FRANCE AGRICOLE 3392-t5-01 JUILLET 2011
LE BILLET
de Denis Lefevre
Moeurs douces
LA CRISE DES SURPRIMES EST PASSÉE PAR LÀ. Les critiques à l'égard de la mondialisation n'émanent plus seulement des altermondialistes. Des intellectuels, des économistes, qui défendaient la mondialisation les yeux fermés, considèrent désormais que le bilan de la mondialisation n'est pas aussi
positif que voulaient nous le Les conflits entre les granfaire croire certains de ses thu- des puissances agricoles riféraires, vantant une mon- d'hier (Etats-Unis et Europe) dialisation heureuse. On est loin et les puissances de Thierry Pouch, res- du doux demain, comme ponsable des étu- le Brésil, augurent
que
des économiques con", exprimait
erce. tel à ses yeux de len- à l'APCA, n'est pas demains difficiles. de ceux qui croient Montesquieu. Une sorte de guerre
que le libre-échange'I fait le bonheur de tous et considère que les institutions internationales ont échoué dans leur tentative pour établir une prospérité mondiale axée sur la libéralisation des échanges agricoles. Dans son livre «La guerre des terres » (publié chez Choiseul), il met en perspective le débat récurrent, entre libéraux et partisans de l'exception agricole, lancé par l'économiste David Ricardo en Angleterre,
egau milieu du XIX "siècle. Ce regard historique lui permet de mieux scruter le présent, notamment à travers l'éclosion de crises de plus en plus fréquentes, conséquence à ses yeux de l'échec du libreéchange dans l'agriculture. Quant à l'avenir, Thierry Pouch n'est guère optimiste.
économique, qui se traduit par l'accaparement des terres par certains Etats, signe la réhabilitation de la souveraineté alimentaire et le retour de l'agriculture au premier plan des préoccupations gouvernementales. On est loin du doux commerce tel que l'exprimait Montesquieu dans l'esprit des lois: «Partout où il y a des moeurs douces, il y a du commerce, et partout où il y a du commerce, il y a des moeurs douces. »
REAGISSEZ Exprimez-vous sur les sujets d'actualité
? Terres Faut-il encore des politiques de structure ? ? Echanges de paille Voyez-vous les choses se concrétiser sur le terrain?
Vos lettres (une page au maximum) seront publiées dans un prochain numéro de La France agricole. Ecrivez ou télécopiez à Eric Maerten, La? A3 France agricole, 8, cité Paradis, 75493 Paris
Cedex 10. Fax: 01 40 22 70 80 ou encore par courriel, avec vos nom et adresse à anne.chapron?gfa.fr. Les lettres anonymes ne seront pas retenues.

«La productivité, ce mal
nécessaire »
CLAUDE PÉCOT (SEINE-MARITIME)
En septembre 2010, je parlais de la façon dont on cultivait autrefois les betteraves sucrières dans le Vexin normand et je faisais une comparaison entre le mode de culture selon les connaissances, l'expérience, les moyens de l'époque et les systèmes bio » actuels. Force est de constater qu'ils se ressemblent sur bien des points: fumure principale au fumier de ferme complété par les «gadoues », déchets ménagers de la région parisienne moins chimiques qu'aujourd'hui, peu d'engrais minéraux, binage manuel. On obtenait des champs propres au prix d'une grosse charge de travail. A ce rythme, on récoltait 30 t / ha à 16 %% de densité. Pourrait-on tenir financièrement de cette façon aujourd'hui? A l'époque, on assurait les besoins d'une population de 35 millions d'habitants habitués à se nourrir de manière frugale. Aujourd'hui, combien faudrait-il d'hectares à 30 t pour assurer les besoins d'une population de 65 millions d'habitants plus exigeants? Où pensez-vous trouver ces hectares supplémentaires dans un territoire «rongé » par la construction et les aménagements de toutes sortes? Il faut «raison garder » et envisager les choses sous tous leurs aspects! J'ai pris l'exemple de la betterave mais ce raisonnement peut s'appliquer aux autres grandes cultures. Peut-on faire autrement? La culture intensive actuelle peut être considérée comme un «mal nécessaire » mais je ne connais pas d'autre moyen dans l'état actuel de nos connaissances. Monsieur Michaud (courrier des lecteurs de «La France agricole » du 13 mai) a raison: il faut coûte que coûte nourrir la population mondiale.
«Une plante fabuleuse ROBERT BUIRON (AISNE)
Je réagis à l'éditorial de Philippe Pavard («La France agricole » du 3 juin) concernant le problème de la sécheresse. Il écrit qu'il ne connaît pas de plante fabuleuse qui pousse sans eau ni engrais et qui ne compromet pas l'économie des exploitations. Moi je la connais depuis bien longtemps, cette plante, en ayant récolté les fruits de son exploitation intensive. Je veux parler de la luzerne bien sûr! Cette plante reine des fourrages et de l'équilibre de l'exploitation a quasiment disparu des assolements modernes. Outre ses qualités nutritives, elle enrichit les sols structurellement et physiquement. Semée pour trois ans, excellent précédent, elle ne demande pas d'entretien chimique. Au contraire, elle stocke ses réserves azotées trois ans après retournement. Elle n'est pas concurrentielle du maïs mais complémentaire dans la ration. J'ai pu en mesurer toutes ses qualités.
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